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Ces trois dernières semaines ont été moralement éprouvantes. J’avais fortement idéalisé ma fin de grossesse et je commençais enfin à me dire que c’était un moment agréable (les vomissements ayant enfin diminué en fréquence et en intensité). J’imaginais pouvoir me reposer sereinement, profiter de mon temps libre entre les préparatifs pour l’arrivée du bébé, des siestes câlines entourée de mes deux minettes d’amours (Suki et Lili) et des moments privilégiés avec mon chéri.

Et bien non. Je me suis fait un sang d’encre pour la petite Lili (14 ans tout de même) qui a déclaré un diabète fulgurant et très marqué en à peine 3 mois.

Entre les hormones et l’amour que je voue à mes minettes (elles font partie de la famille), ce fut un mois de mars sur des montagnes russes.

Les signaux d’alerte du diabète du chat

  • une soif intense :
    Lili venait me chercher en permanence (y compris la nuit) pour boire au robinet (je suis passée à côté de ce signal car la demoiselle sortait d’une cystite soignée en décembre…)
  • une litière particulièrement souillée (le volume des urines augmente énormément, le chat a besoin d’éliminer le sucre qui empoisonne son sang ; avec la grossesse, je ne m’occupe quasiment plus du nettoyage de la litière, là encore, je n’ai pas pu réagir assez vite…)
  • des pipis dans la maison : ce sont ces accidents répétés qui m’ont encore plus alertée, il n’y avait aucune raison « psychologique » à ce que la miss s’abandonne à faire des pipis en dehors de sa caisse, ce comportement ne lui ressemblait vraiment pas
  • la perte de poids : elle a été sournoise et régulière, j’ai commencé à m’inquiéter quand je me suis rendue compte que la minette pouvait se coucher sur mon gros bidon de grossesse (8ème mois) sans que cela ne me cause la moindre gêne
  • des problèmes de poils : son pelage est devenu très très moche, avec des pellicules et elle s’est mise à perdre des petites touffes de poils un peu partout dans la maison
  • l’apathie : finalement une grande fatigue avec une perte d’énergie ont achevé de m’alerter…

J’ai parlé d’évolution fulgurante du diabète de ma minette et d’une période de 3 mois. Je m’explique. Ces « 3 mois » correspondent en fait à l’intervalle de temps qui a séparé la dernière consultation de Lili chez la véto et la consultation de dépistage du diabète : en décembre, la minette était traitée pour une cystite (j’avais aussi demande un dépistage du diabète, mais ses prises de sang et ses analyses d’urine étaient 100% normales).

La soif est venue progressivement et les autres signaux d’alerte sont apparus extrêmement rapidement, en l’espace de deux semaines environ !

Diabète du chat non soigné : attention danger !!!!

J’ai eu terriblement peur à l’annonce du fort (euphémisme) diabète de Lili. Le jour de sa consultation elle était au bord du coma avec une glycémie record, à plus de 7 fois la norme. Incompréhension totale pour moi, vu les résultats de ses analyses en décembre…

Les reins aussi ont souffert. Et ses pattes arrière, son bassin semblent aussi impactés, avec une grande faiblesse musculaire.

Bref. Catastrophe totale. Lili est restée « hospitalisée » 5 jours. Cinq jours où elle a été perfusée (pour la réhydrater) et pendant lesquelles les deux super vétos ont fait leur max pour faire baisser sa glycémie (avec un produit plus fort que l’insuline « standard »). Le pronostic vital était fortement engagé…

Je l’ai récupérée pour le week-end et il a fallu la ramener pour voir comment elle réagissait au traitement que je dois lui donner à la maison. Elle ne devait rester qu’une journée, elle y est encore restée trois jours d’affilée. Stress.

Finalement, elle vient de passer une semaine à la maison, la journée d’hier au cabinet vétérinaire pour une faire une courbe de suivi de sa glycémie au cours de la journée. Suite à cette mesure, son traitement a été un peu affiné et je ne la rapporte, si tout va bien (comme je le dis croisons les doigts et les patounes), que dans deux à trois semaines (OMG ! d’ici là, la petite sera née !!!!!!).

Le traitement du diabète du chat

Le traitement est, au final, assez similaire à celui des humains : des injections d’insuline.

La grosse différence est, cependant, que vous ne pouvez pas mesurer le taux de sucre de votre chat au cours de la journée et moduler les doses d’insuline en fonction de ses besoins.

Les piqûres d’insuline se font deux fois par jour (pour nous, matin et soir, avec un intervalle de 12 heures, à heures fixes) avec des seringues à usage unique et des piqûres sous-cutanées. Entre les piqûres, l’insuline est conservée au réfrigérateur.

Comment faire les piqûres ?

  • préparer la dose d’insuline (en veillant à chasser les bulles d’air) et en faisant attention à respecter les doses
  • pincer la peau du chat
  • piquer dans la peau en veillant à ce que l’aiguille ne ressorte pas (attention, cela parvient facilement)
  • perso j’attends que la minette ait mangé, car elle n’aime pas trop la piqûre et comme elle cela la contrarie, elle a tendance à ne plus vouloir manger après…

Très important aussi dans le suivi du chat diabétique :

  • faire attention à l’alimentation, avec des croquettes adaptées (quantité de glucides, protides et lipides spécifiques pour le chat diabétique), les croquettes sont pesées et données au moment des piqûres d’insuline
  • et de l’eau propre à volonté.
  • La miss Lili a aussi droit à une supplémentation en potassium.

À la maison, j’ai transformé une partie de mon bureau/atelier en centre de soin pour la demoiselle.

Elle a à sa disposition une tasse d’eau que je renouvelle de trèèèèèèèèèèèèès nombreuses fois dans la journée (à la fois parce que le niveau baisse vite et parce que je ne résiste pas à ses caprices de réclamer de l’eau bien bien fraîche, elle sait très bien se faire comprendre pour cela en m’amenant au robinet de la salle de bain !).

Elle a aussi plusieurs serviettes douillettes et un nid dans son arbre à chat.

Sans oublier un bac à litière (qu’il faut nettoyer matin ET soir) pour éviter les accidents dans le bureau…

(Les piqûres d’insuline et la distribution de croquettes, elles, se font toujours dans la cuisine. Il faut bien que le demoiselle fasse un peu d’efforts physiques dans la journée et qu’elle marche un petit peu…)

Une chose aussi dont je suis convaincue : le moral du chat est primordial dans sa guérison. Évidemment ça ne fait pas tout et quelques câlins ne vont pas la guérir d’une vraie maladie, bien tangible, mais je suis persuadée que veiller à son confort et à son bien être l’aide à aller mieux. Et moi ça me fait du bien aussi 🙂

Voili, voilou. Croisage de patounes, car comme je vous l’ai dit, l’avenir reste incertain.

Prenez bien soin de vos chouchous poilus à 4 pattes.